Toulouse défend le breakdance

EN ÉCHO À NOTRE ÉPISODE DU LUNDI 14 JUIN: “Rap, les filles en force dans la région” 

Abdel Chaouri, breakdanceur toulousain et quadruple champion du monde de la discipline, a commencé la danse urbaine dans la rue et a créé une école de danse.

Transmettre les techniques de son art. C’est ce que fait Abdel Chouari – aka Bboy ABD-L, membre du groupe populaire Vagabond Crew – au quotidien depuis 2008 en enseignant le breakdance. Le quadruple champion de breakdance a créé son école Breakin School, à la fois implantée à Colomiers et à Launaguet près de Toulouse. La danse hip-hop étant multiple, elle est aussi devenue la danse la plus visible dans les paysages cinématographique, musical et sur internet – le hip-hop est en effet la première suggestion sur les moteurs de recherche lorsque l’ont tape « danse ». Pour autant l’école de Abdel Chaouri est l’une des seules de France dédiée uniquement au breakdance.

Le street-danseur « se souvient de ses débuts sous un porche avec les grands de son quartier » souligne France 3 Occitanie dans un article consacré à l’évolution des danses hip-hop à Toulouse et ses alentours. Il faut dire que le hip-hop se transmettait – et se transmet encore aujourd’hui – de cette manière : dans la rue. C’est avec nostalgie et un léger pincement au cœur qu’il regrette la perte potentielle de certains pas. Aux États-Unis, contrairement à la France, le breakdance était surtout une alternative aux altercations : au lieu de se battre, les jeunes s’affrontaient dans des duels (battle) de breakdance.

 

Un art bienfaiteur

Pour le professeur de danse, la démocratisation du breakdance est une nécessité car la discipline s’axe autour de valeurs particulières : elle apprend tout aussi bien la patience que la découverte et la maîtrise de soi et de son corps. Les autres professeurs de l’école de breajdance de Colomiers partagent ce constat, à l’image de Julien Maynadir. Au départ étudiant en danse classique, contemporaine et jazz, il concentre toute son énergie dans le break. Sa passion pour cette danse l’a sauvé de ce qu’il considère comme ses « bêtises ». Selon son expérience de cette pratique, le breakdance est un moyen efficace de se faire plaisir tout en apprenant à « se connaître, se canaliser et se créer une personnalité ». Idem pour Adel Chaouri, qui insiste sur le besoin de rendre les danses hip-hop accessibles à toutes et à tous : « Le hip-hop, ça parle à tout le monde maintenant. Oui on a des salles toutes neuves, l’accès à cette culture est facilité. Mais à partir du moment où on n’est pas récupéré, pas instrumentalisé, où on garde notre âme, nos valeurs et nos codes, alors cette démocratisation n’est pas négative, elle est positive. » Militant pour son art dès son plus jeune âge, Abdel Chouari est à l’origine de festivals comme Nothing2loose qui rassemble les plus grands noms internationaux de sa discipline près de Toulouse. Le break est devenu à ce point populaire que les écoles de danses hip-hop se multiplient.

Dans le centre-ville de Toulouse, L Danse – hip-hop arts est une association de plus qui entend véhiculer de « cohésion sociale » et « valorisation et intégration au sein d’un groupe ». L’engouement et la popularité de cette discipline urbaine a été tel que le break fera, a priori, partie des disciplines des prochains Jeux Olympiques…

Crédit photo : Robert Zunikoff I Unsplash

                                                                                                                 Lisa Fégné