Le dernier rapport gouvernemental relatif à la santé des personnes transgenres démontre qu’elles font encore face à plusieurs obstacles dans leur parcours de soins. Dans ce contexte, l’association bordelaise ANCRES les accompagne spécifiquement sur ces questions.
Et tout cela sans compter une discrimination toujours présente au quotidien. Le dernier rapport sur les Lgbtiphobies, de l’association SOS Homophobie, note que la transphobie est le seul type de violence pour laquelle l’association a constaté une augmentation de témoignages en 2022. Le domaine médical ne fait pas exception. « Des médecins feignent l’incompétence pour refuser le suivi de personnes trans, assure André. Cela crée une appréhension, car le soin est toujours basé sur une relation de confiance. » Notre journaliste a pu échanger avec Alex, un Bordelais trans non-binaire d’une trentaine d’années. Dans l’espoir de subir une mammectomie – ablation chirurgicale de la glande mammaire – il a préféré chercher des praticiens à Paris et non dans la région bordelaise, où plusieurs médecins sont réputés transphobes. « Quand on est une personne trans, c’est déjà compliqué d’aller voir des médecins. Je ne voulais pas prendre le risque de subir de la transphobie », a-t-il confié. En somme, si des avancées législatives sont obtenues au fil des années, des progrès restent à faire au niveau médical, dit Alex : « Ce que la Sécurité sociale doit comprendre, c’est que les parcours de transition médicale sont tous différents. »

1er
Le 17 mai 2010, la France s’est illustrée en devenant le premier pays au monde à ne plus considérer la transidentité comme une affection psychiatrique.
20 000
Le ministère des Solidarités et de la Santé estime entre 20 000 et 60 000 les personnes transgenre en France. Source : Vie publique.fr
10
Selon la CNAM, le nombre de personnes admises à l’ALD (Affection de longue durée) pour « transidentité » a été multiplié par 10 entre 2013 et 2020.
Alexandre Camino